
La Maman sort de l’hôpital et elle a tout prévu. Son mari travaille de nuit, aucun soucis, il s’occuperait du petit ! Le bisous du soir, le bisous du matin, entre les deux, rien, dodo, repos, il s’occupe de tout ! Tranquillement la maman se fait opérer, elle souffre, mais elle est heureuse, l’opération est un succès. Vivement dans quelques jours, tout cela sera derrière elle !
Adieu la pompe à morphine, bonjour les insomnies la nuit et les siestes à toute heure ! Les dernières heures loin des siens sont tellement difficiles à vivre… De retour à la maison, tout est propre, rangé comme lorsqu’elle l’a quittée. La douleur est là, mais elle va pouvoir la gérer, seule, allongée, dans le calme absolu. Plus de cicatrices que prévu, mais c’est tellement accessoire, la maman est réparée. Souffrir, être heureuse de ses douleurs.
Voir son fils ce matin là, se lever pour l’emmener à l’école, parce que papa a vu au dessus de ses forces, épuisé, il n’arrive pas à se réveiller. Toucher son enfant, le trouver un peu chaud… Lui demander ce qu’il préfère. L’école, avec ses copains, il adore ça, cette maman trouve qu’elle est chanceuse. Prévenir la maîtresse, entendre son fils pleurer, douter, le ramener à la maison.
« Maman, ze veux zouer, dis, tu veux zouer avec moi ? »… Avoir tout prévu, sauf son angine. Avoir imaginé pouvoir se reposer, sans envisager la fièvre de son fils. Passer la semaine à s’occuper de lui, à le câliner, à lui faire à manger, à le bercer, à le rassurer… Se dire qu’on n’est pas encore le week-end et que ça va être dur jusqu’au lundi d’après…
Oublier qu’on souffre devant son enfant malade… Etre une maman, tout simplement…

