
Je ne peux pas pleurer, je ne peux même pas être triste. Mon fils est là, il ressent tout ce que je ressens. Il est heureux parce que je lui souris, vit avec le sourire parce que le bonheur règne dans sa maison. Lorsque je suis fatiguée, il est inquiet, s’il me voyait pleurer, son monde s’écroulerait…
Par amour pour mon tout petit, je deviens donc schizophrène. Mes émotions les plus noires sont tellement enfouies profondément que moi-même je pourrai presque croire qu’elles n’existent pas. Je le regarde, lui parle doucement, lui dit des mots d’amour… Je suis perdue…
Voilà un conseil d’une lectrice très discrète : « Quand tout est noir pense au premier regard avec ton enfant, le tout premier … Plonge toi à nouveau dedans et celui-ci te donnera le courage de te battre pour tout le reste… Ça marche, ferme tes yeux et ce regard si confiant dans la vie te donnera le courage de te battre… »
Alors je tâche de retrouver le courage. J’aurai besoin de temps, mais je n’en ai pas tellement. Je respire à fond en me réveillant le matin, je trouve la force de m’asseoir sur le bord du lit, de poser mes pieds par terre, et sans réfléchir, je puise dans ce regard de ma mémoire la force d’y aller, de me relancer dans la vie…
Les larmes coulent toujours, mais à l’intérieur…

