
Je ne sais comment débuter cette lettre qui t’est adressée, à toi, assassin qui s’ignore… Lorsque tu enfourches ton deux roues, et que tu prends les trottoirs, parce que c’est plus court, parce que c’est plus rapide, parce que tu ne vois pas le mal…
Tu te dis sans doute que… pas vu pas pris ? Que ça te permet d’aller plus vite, que tu ne vois pas l’intérêt de ce feu rouge, de cette voie à sens unique ? Que, toi qui travaille grâce à ce moyen de transport, que ce soit ton moyen de transport pour te rendre au boulot, ou ton boulot en lui même, tu penses que le code de la route n’est fait que pour t’emmerder…
Ce code de la route, pensé par des personnes qui ne prennent qu’occasionnellement la route, et certainement pas en ville. Qui inventent des lois pour remplir les caisses de l’Etat. Qui font tout pour te pourrir la vie, à toi, personnellement. Qui devraient réinventer la route pour toi.
Tu sais que tu ne risques rien, alors chaque jour, tu te permets un feu rouge de plus, un stop, un sens interdit, un trottoir ! Parce que c’est sûr, sur les trottoirs tu vas plus vite lorsqu’il y a des embouteillages et que la route est trop étroite pour que tu doubles ces obstacles que sont les voitures… Sur les trottoirs, tu gagnes énormément de temps, puisque tu n’as pas besoin de faire le tour quand la rue est à sens unique…
Seulement voilà, dans ta folie et ton insouciance tu as oublié un léger détail ! Le trottoir, c’est fait pour les deux pattes, pas pour les deux roues ! Les seules roues que tu es censé y trouver sont celles des poussettes !
Ca avait commencé avec les vélos, je me disais que pour leur sécurité, c’était mieux… Mais toi, deux roues motorisé, tu n’as vraiment rien à y faire, parce que tu joues avec nos vies ! Et quand je suis là, en travers de « ta » route, avec ma poussette en plus, et que je ne me pousse pas lorsque tu me klaxonnes, tu ne trouves rien de plus intelligent que de descendre de ton engin de malheur, de me hurler dessus en m’insultant pour m’intimider ?
Lorsque tu comprends enfin, dans un éclair de lucidité inespéré, tu te calmes enfin, et tentant de m’amadouer, tu me demandes si ça ne m’arrive jamais de commettre des infractions, j’ai juste envie de te hurler au visage que moi, mes infractions, elles ne tuent personne !!!

