
Au tout début, l’envie de bébé, c’est un très vague sentiment… On se dit que ça serait super d’avoir un enfant, qu’on pourrait lui acheter des fringues, lui faire des coiffures, se promener avec dans la rue et entendre des compliments sur notre belle réussite. On est très jeune, encore enfant. On s’imagine déjà mère à 20 ans…
Plus tard, on oublie l’envie de bébé, on n’a pas le papa potentiel sous la main, on papillonne, on s’amuse, on oublie les rêves de l’enfance, la maternité très jeune, l’envie s’estompe peu à peu. On la met en sourdine, ça n’est pas le moment, on profite, mais on sait qu’un jour, on sera prête, enfin…
Puis l’envie revient, très forte, obsédante. Seulement voilà, le temps a passé, on arrive presque dans la trentaine, le futur papa n’a toujours pas sonné à notre porte… Le temps qui semble vouloir nous presser rend toutes les relations qui commencent bancales, nous recherchons ouvertement le papa en devenir. Les cartes sont faussées, les hommes nous fuient…
On se concentre sur sa carrière, on se dit qu’à défaut de progresser sentimentalement, on pourrait au moins avancer à ce niveau là. Dans le monde du travail, on est très jeune pour le poste que l’on vient d’obtenir, on grimpe dans la hiérarchie, c’est au moins ça de pris…
Et là, on ne se méfie plus, on a baissé les bras, on attend que l’homme de notre vie se sépare de celle qu’il a construite jusque là. On en est sure, les hommes bien sont tous pris… On ne cherche plus, on attend…
On va à une soirée, sans conviction, l’envie n’est plus là… Tout à coup le temps suspend son vol, le silence se fait, notre coeur s’arrête : il est là, devant nous… Sur la liste mentale que l’on s’était faite des qualités primordiales qu’un homme devait avoir pour nous convenir, il a coché toutes les entrées…
On profite, l’envie de bébé se fait légère, mais bien présente. On sait que l’homme le désire aussi. On prend son temps, on apprend à se connaître, à se faire confiance, à se vouloir pour la vie. Et enfin, le moment arrive, on est l’un comme l’autre en désir d’enfant !
L’envie de bébé, la vraie, nous remplis de joie, bientôt nous seront 3 ! On oublie les années de célibat, on est si bien ensemble ! Les mois passent, bébé n’arrive pas. On s’inquiète, on se dit qu’on est peut-être incompatibles, que le rêve était trop beau ? La nature est bien faite paraît-il…
D’autres soucis viennent s’interposer. Une santé incertaine… des opérations… Puis l’ultra médicalisation. Le couple est fort, encore plus qu’au début, on sait, qu’après avoir affronté toutes ces épreuves, dont certaines sont assez dures, qu’on restera ensemble… Le rêve ultime, celui d’avoir un enfant, reste presque à notre portée…
L’envie d’enfant rôde autour de nous, en nous… Elle nous coupe de nos amis, monopolise nos conversations, sature nos cerveaux… On pleure à la seule idée qu’on est les derniers à ne pas être parents, et à celle qu’on ne le sera peut-être jamais… On se cherche d’autres buts, on fait le tour de la planète, mais on garde un vide à l’intérieur de soi…
Les médecins nous donnent enfin notre enfant, ce petit être nous sourit, l’envie de bébé est comblée… Pendant quelques mois, nous formons un trio parfait. Il dort, nous satisfaisons ses besoins vitaux, nous l’inondons de notre amour… Nous découvrons de nouveaux sentiments, l’accomplissement est proche… Mais l’envie de bébé revient…
Elle est forte, très forte… On sait que notre famille sera complète avec un autre enfant… Cela à marché une fois, on sait que l’on peut le refaire… Les médecins nous prennent à nouveau en main, l’ultra médicalisation recommence… Un échec, puis un autre… Les mois passent, les années… Le parcours est de plus en plus difficile, le temps passe… On se revoit 10 ans en arrière et l’on sourit en repensant qu’à l’époque on pensait ne pas avoir le temps… On en avait, on en a beaucoup moins…

