Voyage en PMA

L’attente, phase 1

Je suis dans une phase que je considère comme une des plus difficiles une fois la stimulation ovarienne passée. En effet, Lors de la stimulation, il ne se passe pas un jour sans que je ne doive faire une piqûre, lutter pour obtenir un rendez-vous de dernière minute chez l’échographe, faire une prise de sang, faire une échographie, appeler pour les résultats, attendre, rappeler le professeur… Oui, cette première période est extrêmement fatigante, mais au moins on est dans l’action !

Bon, cette fois-ci, j’ai eu la chance de pouvoir faire tout ça sur mes vacances, j’avoue qu’en travaillant, c’est une autre paire de manches. Très difficile en effet d’être assez disponible pour tous ces examens, pendant une dizaine de jours, sans que ça finisse par se voir au bureau pour celles qui travaillent avec des horaires réguliers… De toute façon pour moi, ça n’est faisable que sur un arrêt de travail ou sur des vacances, vu que je ne suis pas en France plusieurs jours par semaine !

J’étais donc en vacances, et j’ai pu procéder à ma stimulation sans aucun problème, en restant relativement détendue. Les résultats on été à la hauteur de mes espérances, avec une belle moisson de 12 follicules bien dodus ! Les follicules, ce sont les excroissances qui poussent sur les ovaires et qui produisent les ovocytes : les gamètes femelles. Une femme normalement constituée en produit un par mois, de la puberté à la ménopause.

Je me suis donc rendue, le jour de la ponction des ovocytes, avec un moral en béton du fait de mon armée de follicules. Une anesthésie générale plus tard, un réveil très douloureux et un ventre gonflé comme jamais à la clé, j’apprends ce qu’à donné ma ponction: 6 ovocytes mûrs… Première déception, je m’attendais à avoir une multitude de gamètes, et non, seule la moitié de mes follicules a été productive… Immaturité, kystes ? Je ne saurai jamais…

Commence alors la pire période dans ce protocole Fiv : l’attente… En effet, ce n’est que le lendemain que j’apprends combien d’embryons ont pu être fécondés, sachant qu’un embryon est le fruit de l’union d’une gamète femelle (ovocyte), et d’une gamète mâle (spermatozoïde). Sur mes 6 ovocytes, 3 embryons ont pu être « fabriqués » in vitro… Le choc… ça me parait si peu ! Aucun espoir, si ça ne fonctionne pas cette fois-ci, d’en congeler et de se les faire transférer plus tard, afin d’éviter de subir à nouveau tout le protocole depuis le commencement…

Sachant qu’on me transfère en général deux embryons, il y a peu de chance que le troisième soit conservé sur la banquise pour une utilisation ultérieure. J’attends donc que le laboratoire me recontacte pour savoir quand aura lieu ce fameux transfert… Jeudi selon toute vraissemblance.

Le lendemain, le laboratoire me contacte à nouveau pour m’annoncer une nouvelle dont je ne sais pas si je dois me réjouir, le transfert n’aura pas lieu jeudi, mais samedi… Je vous passe la déception de ne pas revoir mon fils comme prévu, c’est en effet le jour où je devais aller le chercher d’un coup d’avion chez mes parents, en Vendée. Je ne vous parle pas non plus de la déception de ma copine, chez qui nous devions fêter les deux ans de sa princesse le lendemain, alors que je serai vraisemblablement alitée et sans mon babypunk…

Je vais simplement vous expliquer ce qui m’angoisse terriblement : qu’ils n’aient plus rien à me transférer d’ici samedi matin ! En effet, les embryons se transfèrent en général à J3, lorsqu’ils sont au stade de 6 à 8 cellules. C’est avec un transfert à ce stade que j’ai eu mon fils. Là, à J5, les embryons sont au stade de « blastocyste », soit beaucoup plus développés. C’est à ce stade qu’a lieu la nidation, c’est donc le moment le plus physiologique pour un transfert.

Le seul problème, c’est qu’entre J3 et J5, il y a 40% de perte… Un blastocyste a ensuite 53% de chance de s’implanter, mais les risques de fausse couche sont néanmoins plus grands d’après ce que j’ai pu lire…

Voilà donc où j’en suis aujourd’hui jeudi, J3, j’angoisse terriblement à propos de la survie de mes 3 embryons, dont l’un d’eux sera peut-être le petit frère ou la petite soeur de mon babypunk… J’essaye de positiver, mais à chaque fois que mon téléphone sonne, je crains que ça ne soit le laboratoire, venant m’annoncer qu’aucun transfert n’aura lieu…

Nous voulions trois enfants, mais je pense que lorsque nous aurons le deuxième, je ne serai plus capable de recommencer à nouveau toute cette épreuve…  J’ai une pensée pour une de mes lectrices qui en est presque au même stade que moi, et que je soutiens plus que tout…

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